Interview de Matthieu Nadot

Voilà une interview du jeune jockey d’obstacles Matthieu Nadot!

Pourrais-tu te présenter en quelques mots pour les personnes qui ne te connaissent pas encore?
« Je viens de Cérilly, un petit village dans la forêt de Tronçais dans l’Allier. J’ai été à l’école comme tout le monde et j’ai commencé à monter à cheval très tôt dans des centres équestres. J’ai fait en parallèle un bac scientifique et de la compétition en CCE. Après avoir eu mon bac, je suis parti 7 mois en Angleterre dans une écurie de complet. Entre temps, j’ai commencé à monter pour M. Clayeux où j’ai pu goûter aux chevaux de course et passer ma licence de gentleman-rider. L’année suivante, j’ai attaqué un BTS productions animales chez M. Clayeux, ce qui m’a permis de beaucoup apprendre du monde des courses et m’a donné envie d’en faire mon métier. J’ai donc passé ma licence de jockey et j’ai été embauché au sein de l’écurie. M. Clayeux m’a donné la chance de monter à peu près 150 fois, autrement dit je lui dois beaucoup car sans lui, je n’aurais probablement pas voulu faire ce que je fais aujourd’hui. En septembre dernier, j’ai pris la décision de partir pour connaître autre chose et j’ai eu l’opportunité d’aller chez M. Nicol qui est installé à Royan où je travaille actuellement et ou je suis très satisfait des progrès qu’il m’a fait faire. J’espère travailler avec lui encore un moment. »

Comment cette passion t’est venue? Tu n’as jamais pensé à faire autre chose?
« Petit je voulais être médecin, pompier, ou footballer professionnel, mais mon père nous a inculqué l’amour des chevaux à mes soeurs et moi. Et quand j’ai vraiment réfléchi à ce que je voulai faire plus tard, il n’y avait rien d’autre que les chevaux dans ma tête. J’ai d’abord voulu rentrer à l’ENE (Ecole Nationale Equitation à Saumur), mais il est très difficile de vivre de sa passion quand on est dans le complet, et puis ce qui m’intéresse avant tout, c’est la compétition et l’adrénaline, ce qui est parfaitement procuré par les courses. Alors après avoir goûté quelques fois aux chevaux de courses, la question ne s’est même plus posée. Et même si c’est un métier très difficile, je ne regrette vraiment pas, si c’était à refaire, je referai exactement la même chose. »

Même si tu as été cavalier, et donc plus entraîné à l’obstacle, tu n’as jamais pensé à être jockey de plat ou même driver?
« Driver c’est un métier que je ne connais pas du tout et ne m’intéresse pas plus que ça. Sûrement parce que je ne connais pas… En plat, même si cela m’attirait, je ne pourrais pas à cause de mon poids. Je mesure 1m78 et pèse 61kg, je pense que je n’ai plus grand chose à perdre (rires). Cela dit, même si j’avais le choix, je ferais de l’obstacle, j’aime les sensations que ça procure, même si des fois ça fait mal… »

Il y a de mauvais souvenirs?
« Oui, deux en particuliers. Je suis tombé à Lyon, j’ai eu une disjonction acromio-claviculaire et même si ça ne fait pas si mal que ça, la chute a été mortelle pour le cheval, et c’est toujours dur à encaisser… Mon pire souvenir reste avec mon cheval de coeur. Il s’appelait Monsieur Apple’s, j’ai débuté en courses avec lui, j’ai fait mon premier gagnant avec lui, et j’ai gagné deux courses en cross. C’était un cheval exceptionnel que je portais vraiment dans mon coeur. Et l’année dernière, en cross à Vichy, c’était moi qui le montait et il a fait une fracture de fatigue à l’épaule, on a dû l’abattre sur l’hippodrome et revenir aux vestiaires avec la selle sous le bras, ce qui reste un moment très dur, surtout dans le cas présent… »

Il y a tout de même de bons souvenirs?
« Oh que oui! Et assez pour compenser tous ces mauvais moments. Les victoires restent exceptionnelles, mais c’est surtout le bonheur que nous font partager les chevaux au jour le jour qui me fait aimer ce métier. Quoi de plus fabuleux que de ne faire qu’un avec un animal de 500kg? »

Quels sont tes projets et tes rêves pour cette année 2012?
« Mes projets ce serait de perdre ma décharge en deux ans. A côté de ça je garde les pieds sur terre, je n’ai pas spécialement de rêve, je profite des bons moments qu’il y a à prendre. A côté de ça, mon père élève des chevaux de courses, et c’est une voix que je suis de près car le métier de jockey ne dure pas éternellement et j’aimerais, dans l’avenir, reprendre l’élevage et pourquoi pas faire de l’entraînement. »

Tu as d’autres passions que les chevaux et les courses?
 » Ce métier nous prend beaucoup de temps mais je fais du paintball avec mon pote Vincent Cheminaud qui est jockey chez M. Chaillé-Chaillé. On passe beaucoup de temps ensemble, on était apprentis ensemble chez M. Clayeux et on a gardé des liens très forts. »

Un dernier mot?
 » Notre métier reste certainement l’un des plus beau au monde et merci à tous ceux qui s’y intéressent et qui le font vivre car c’est grâce à eu que l’on peu faire de notre passion notre métier. Je remercie aussi mes parents pour leur soutien et M. Milaveau qui est éleveur des « d’Ainay« , sans qui je n’aurais jamais pu être dans le métier! »

Merci à vous qui nous faites partager votre passion!

Merci beaucoup à Matthieu Nadot!

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3 thoughts on “Interview de Matthieu Nadot

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