Jean Bernard Eyquem

Interview de Jean-Bernard Eyquem

Pourrais-tu te présenter et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Jean-Bernard Eyquem, je suis né le 27 décembre 1975 à Arcachon, dans le Sud-Ouest. Je suis rentré en apprentissage à 14 ans chez Patrick Biancone. Je n’y suis resté qu’un an puisqu’il s’est expatrié à Hong Kong. J’ai donc ensuite suite tout le staff chez Nicolas Clément. J’y suis resté trois et l’opportunité s’est présentée pour redescendre dans le Sud-Ouest et n’aimant pas trop Paris j’ai sauté sur l’occasion! »

 Comment t’est venue la passion des chevaux?
« J’étais un enfant un peu turbulent. Mes parents m’ont mis dans un centre aéré avec plein d’activités dont le poney! Et du moment où j’ai connu les poneys, j’en suis tombé amoureux! Une fois il y avait des tours de poney à l’hippodrome de La Teste, et j’ai su que je voulais être jockey. »

Il y a eu des gens importants, des modèles?
« Olivier Peslier. C’est mon meilleur ami, on se côtoie depuis que j’ai 14 ans. Il m’a toujours forcé à aller de l’avant et donne de très bons conseils. »

Il y a eu des chevaux qui ont comptés j’imagine…
« J’ai une pouliche de coeur qui s’appelle Tie Black, avec qui j’ai gagné la Poule d’Essai des Pouliches. Il y en a eu d’autres, Young Tiger avec qui j’ai gagné pas mal de Listeds et chez Jean-Claude Rouget, Silas Marner et une pouliche de 2 ans qui s’appelle Harpy et qui est très bonne. »

Tu as un objectif pour cette année et sur un terme plus long?
« Je n’ai pas vraiment d’objectif. Je veux juste faire plaisir aux gens avec qui je travaille. Je n’ai pas un nombre de victoires précis, de belles courses à gagner. Bien sûr je veux en gagner, comme tout le monde. Mais je préfère laisser faire le temps plutôt que de me fixer des objectifs. »

Tu as déjà pensé à une reconversion après ta carrière de jockey?
« Non, pas du tout. A l’heure actuelle je ne me vois pas arrêter. Dans ma tête j’ai 20 ans, mon corps en a 25 disons! J’aime les chevaux, j’aime ce que je fais, l’ambiance de l’écurie où je travaille. S’il devait y avoir une reconversion, là maintenant, je ne saurais pas. J’adore cuisiner, mais en faire mon métier risque d’être compliqué. J’aime bien le golf, mais je ne pense pas être assez bon pour être professionnel. Je vais rester dans les chevaux encore un moment! Il y a un assistant entraîneur chez nous qui s’appelle Simone Brogi qui va s’installer. Pourquoi pas lui donner un petit coup de main, c’est quelqu’un de très doué et c’est surtout un ami! »

Tu as d’autres activités en dehors du golf et de la cuisine?
« Pas vraiment. J’ai découvert le golf il y a un an et j’y vais dès que je peux. Ça me fait du bien, ça me libère la tête. Sinon il m’arrive de prendre ma voiture et partir à Biarritz, visiter le Pays Basque. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je leur conseille de suivre Harpy, qui je pense fera partie des meilleures chez nous! »

 

Merci Jean-Bernard!!

 

jessicamarcialis

Interview de Jessica Marcialis

A seulement 23 ans, Jessica Marcialis a su s’imposer dans le milieu hippique en devenant championne du monde des cavalières. Elle a accepté de répondre à quelques questions…

Pourrais-tu te présenter et nous expliquer ton parcours?
« J’ai commencé avec des chevaux de concours. J’ai monté des poneys, puis des chevaux. Quant à la passion pour les courses, je ne pouvais que l’avoir, car en Italie, toute ma famille est dans ce milieu. J’ai commencé à monter en course en 2008, et aujourd’hui j’ai comptabilisé plus de 80 courses: le Fegentri, deux fois le Championnat Italien comme cavalière mais aussi amateur. J’ai gagné dans plus de 10 pays différents! »

Tu es championne du monde, comment tu as vécu la course qui t’as apporté ce titre?
« Pour moi ce qu’il y a de plus important, ce n’est pas la victoire, mais le parcours. C’est un parcours unique qui change beaucoup de ce que j’ai pu connaître et qui m’a poussée à vivre ici, en France, pendant huit mois. J’ai eu l’occasion de courir avec des filles fantastiques. Mais c’est vrai que j’ai gagné avec beaucoup d’émotions, surtout que j’ai aussi remporté la dernière course du Championnat Fegentri, à l’île Maurice. C’était un moment unique »

Quel est ton travail en dehors des courses?
« En Italie, j’étais étudiante à l’université. Je pouvais donc monter un ou deux chevaux de mon écurie puis aller étudier. Quand je me suis installée ici, mon père m’a donné un cheval, et aujourd’hui je me dédie entièrement aux chevaux. Je me donne tous les moyens possibles pour tenter une nouvelle expérience, qui est celle de changer de licence et devenir jockey. »

Ça n’est pas trop difficile de t’imposer en tant que femme?
« Les femmes prennent une place de plus en plus importante dans tous les milieux, et donc aussi dans le notre. Ici en France, il y a des courses réservées aux femmes jockeys ou aux cavalières, nous avons une vraie place. Je sais qu’il y a peu de chances que je monte un jour l’Arc avec Soumillon, mais j’espère faire quelques chose de bien avec la place qu’on me donne! »

Pourquoi avoir choisi de venir monter en France?
« J’ai choisi la France parce que le mode de vie est assez proche de celui de l’Italie. Je voulais aussi voir si j’arrivais à obtenir des résultats dans les courses d’amateurs. Au début il y avait peu de demande, mais au final maintenant j’arrive à monter régulièrement! »

Il y a eu des personnes importantes pour toi dans ton parcours?
« Les personnes qui m’ont le plus aidé à être celle que je suis sont les membres de ma famille. Particulièrement ma sœur, elle me pousse à donner le meilleur et elle a toujours cru en moi. Quand je voulais repartir, elle m’a poussée à rester et à en faire plus. »

Il y a eu des chevaux qui ont compté?
« Tous les chevaux sont importants, chaque victoire, mais aussi tous les autres. Ils m’ont tous aidée à être moi. Mais celui qui a le plus compté est celui que j’ai ramené ici, Morrocoy. Sur 7 courses, nous en avons gagné deux, toutes les autres sont des places. Quand on me l’a acheté, ça a été comme perdre un membre de ma famille. Il était la seule chose que j’apportais de l’Italie avec moi ici. J’avais aussi gagné avec lui à Deauville, il restera unique! »

Tu as un objectif particulier pour cette année?
« Oui, essayer de monter avec des jockeys est l’objectif le plus important. Après, arrivera ce qui arrivera. Je veux savoir jusqu’à quel point je peux aller! »

Tu as d’autres activités en dehors des courses?
« J’aime cuisiner, et manger! J’aime la vie simple, je n’aime trop la vie mondaine. Et bien que je me consacre à 100% aux chevaux, c’est important de savoir vivre normalement. Même si je regarde aussi les courses de Dubaï à la télévision, c’est important de vivre normalement. J’aime aussi beaucoup lire, ou sortir avec mon compagnon. »

Un dernier mot?
« Que tu sois jockey ou amateur, le cheval, c’est ton travail, ton activité, et avant tout une passion! Et il ne faut jamais oublier ça selon moi, c’est le moyen d’être toujours heureux! »

 

Grazie mille Jessica!!

Ed ecco qui l’intervista in italiano!

Brice Raballand