Alexis Cottin

Les jockeys d’Alexis Cottin

Tout au long du mois d’août, vous pourrez admirer l’exposition de photos de CRACKS jockeys immortalisés par Alexis Cottin sur l’hippodrome de Deauville-La Touques. Cette initiative met en avant le côté sportif des jockeys, photographiés juste avant de monter en course. Pour admirer toutes les photos, vous pouvez également vous rendre sur le site web alexiscottin.com.

 

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer votre parcours?
Mon nom est Alexis Cottin, j’ai 28 ans. Après des études en sciences économiques, j’ai travaillé avec le photographe Thierry Bouët en tant que directeur de studio. Je développais son activité, défendais son travail et l’accompagnait dans la production de ses sujets.
Depuis désormais 3 ans, je suis photographe indépendant. Je partage mon temps entre mes clients commerciaux, particulièrement dans la mode, et mes productions personnelles, telles que les CRACKS.

D’où vous vient la passion de la photographie?
Depuis l’enfance cet étrange medium m’attire. J’ai toujours étudié les photographes, leurs démarches, leurs techniques, leurs vies et le milieu dans lequel ils évoluent. Aujourd’hui, je suis avant tout un amateur de photographie, même si j’en ai fait mon métier.
Mais quelques expositions ont eu l’effet d’un coup de tonnerre sur moi, en particulier celle d’un grand portraitiste américain : Richard Avedon.

Comment décririez-vous votre univers photographique?
Décrire mes photos comme définissant un univers me parait très présomptueux ! Mais une amie m’a un jour dit que dans mes photographies, transparaissait ma personnalité. Évidemment je ne le voyais pas mais elle avait raison. Et c’est le cas pour tous les photographes que je connais.
J’essaye d’être curieux et de retranscrire le plus possible la réalité. Dans la mesure du possible, je m’efforce de traiter des sujets connus d’une nouvelle manière. Comme les jockeys, dont nous connaissons les images de courses, que je souhaitais mettre en avant différemment.

Vous faites des photos de mode, d’architecture, des portraits, et maintenant des jockeys. Que préférez-vous photographier?
L’humain est le plus intéressant bien sûr. Mais varier les projets me permet de garder une certaine inspiration.

Comment vous est venue l’idée de photographier des jockeys? Est-ce votre initiative ou vous a-t-on contacté?
J’ai contacté France Galop l’année dernière en leur présentant le projet.
Mon idée était simplement de réaliser des portraits de jockeys en studio. Je leur ai présenté des photos test réalisées avec mes amis (non jockeys !) comme modèles et ils m’ont ouvert les portes des vestiaires de l’hippodrome de Deauville pendant quelques jours.
Ni eux ni moi ne savions ce qu’allaient devenir ses photos !

Comment ont été choisis les jockeys à photographier? Il y a pas mal de réflexions à ce sujet sur les réseaux sociaux, y prêtez-vous attention? Y a-t-il des jockeys que vous auriez aimé photographier?
Je suis désolé pour les fans qui ne trouveront pas leur jockey favori ! Mais cette sélection est complètement arbitraire. Je suis resté 3 jours dans les vestiaires en proposant à tous ceux présents de participer. L’immense majorité a accepté. Connaissant peu les jockeys, je ne les ai pas du tout choisi.
J’aurais aimé photographier d’autres cavaliers bien sûr et surtout découvrir encore plus de casaques.

Comment s’est déroulée la séance photo?
L’organisation était un peu délicate car j’avais installé un studio dans leur salle de repos. Du matériel, de l’éclairage, un peu de bruit, tout ce qui n’a pas sa place dans une salle de repos ! Je ne souhaitais pas les déranger mais la cohabitation s’est parfaitement déroulée.
J’ai aussi découvert leurs corps, particulièrement impressionnants. Très fins, musclés et optimisés pour respecter les contraintes de poids. Ce sont des athlètes exceptionnels.

Est-ce qu’un jockey vous a marqué plus que les autres? Pourquoi?
Ils étaient tous sympathiques et abordables. Mon assistante et moi nous sommes particulièrement bien entendus avec Umberto Rispoli, très drôle, dynamique et un modèle exceptionnel !

Vous connaissiez le milieu hippique avant la séance photos? Si non, avez-vous envie de vous y intéresser maintenant, voire pourquoi pas de photographier des courses?
Je connaissais un peu le trot. Cette immersion dans le plat m’a beaucoup plu. La photographie sportive est un métier à part entière vers lequel je ne me destine pas, mais je reviens régulièrement dans les hippodromes pour assister aux courses, et pourquoi pas développer un nouveau projet !

Avez-vous un dernier mot pour les lecteurs?
Ces hommes et femmes font vivre les courses. J’ai pris beaucoup de plaisir à les photographier. Mon but était de leur rendre hommage, j’espère qu’ils apprécient cette mise en avant à l’hippodrome de Deauville-La Touques.
Et vive les courses !

 

Merci Alexis!!

 

 

IsisMagnin

Interview d’Isis Magnin

Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours ?
Je m’appelle Isis Magnin, j’ai 17 ans. Je suis originaire de Paris et je suis rentrée à l’AFASEC il y a trois ans. J’ai travaillé un an à Deauville chez M. Danel. Cela fait maintenant 2 ans que je travaille chez M. Gauvin. Tout se passe très bien: je monte en course depuis plus d’un an et j’ai 45 montes 2 gagnants et une vingtaine de places .

Comment t’est venue la passion des chevaux ?
Je monte a cheval depuis toute petite, mais la passion des courses m’est venue tout à coup en me rendant sur les hippodromes.

Etre une femme n’est pas trop difficile dans ce métier ?
En tant que femme ce n’est vraiment pas facile. Il faut avoir beaucoup de caractère et un moral d’acier !

Tu as eu des modèles, des gens qui t’ont encouragée pour devenir jockey ?
Je regarde un peu tout le monde, je n’ai pas spécialement de modèle. Je prends tous les conseils que l’on me donne ça ne peut que m’aider à progresser. En tant que fille ce n’est pas facile d’avoir la confiance des propriétaires, j’ai la chance d’avoir un patron qui m’aide beaucoup, qui me fait confiance et qui me fait monter régulièrement .

C’est un métier à risques, le danger n’est pas trop dur à gérer pour toi et ta famille ?
Non, pas du tout. Il ne faut pas avoir peur. Si on commence à avoir peur à cet âge-là, ça n’est pas la peine . Quand on tombe il faut se relever!

Il y a eu des chevaux importants ?
Narkotic, le cheval avec qui j’ai débuté mais aussi gagné ma première course lors de ma 5° monte. Et Guapa Lucia, une jument très régulière avec qui je fais souvent l’arrivée.

Tu as un objectif sur un terme plus ou moins long ?
Mon objectif c’est de monter de plus en plus et de gagner des courses en progressant chaque jour. Je voudrais aussi monter en région parisienne et avoir la confiance de plus de professionnels .

Tu as des passions ou des activités en dehors des courses ?
J’aime beaucoup faire du sport et j’adore voyager .

Un dernier mot ?
Je remercie toutes les personnes qui m’aident chaque jour, et tout mon entourage!

 

Merci Isis!!

Hippodrome de Milan

Chantilly, Marseille, « little Italies » des courses hippiques

En Italie, les courses hippiques ne sont plus autant suivies qu’il y a 20 ou 30 ans. Aussi en 2012, le gouvernement italien a réduit de 50 % les fonds destinés au secteur hippique. De plus, l’Unire, l’institution qui paie les entraineurs, jockeys, et propriétaires ne donne plus un centime et beaucoup doivent désormais vivre sans salaire. Bien que ce problème touche plus de 50 000 personnes dans le pays, les médias n’en ont pas parlé. Aujourd’hui beaucoup d’hippodromes sont fermés et les quelques champs de courses ouverts sont déserts.

Les Italiens dépendants des courses hippiques ont alors eu le choix : trouver un autre emploi, ce qui est difficile puisque beaucoup n’ont pas d’autre formation, ou partir. C’est alors qu’au début de la saison hippique 2012, nous avons pu voir des noms italiens s’inscrire sur les programmes des courses en France. Pour beaucoup, la France est un rêve et la crise leur a permis de la réaliser. « La France est le meilleur pays pour être jockey. Que ce soit pour les allocations, les entraîneurs, les chevaux,… Tous les gens qui travaillent dans le milieu sont de vrais passionnés ici, c’est super! » assure Cristian Demuro, jockey de 22 ans « je vais sûrement m’installer définitivement. » Cela fait maintenant plusieurs saison que nous avons l’occasion de voir monter Demuro en France pour de nombreux entraineurs cantiliens, tout comme ses collègues Lanfranco Dettori, Jessica Marcialis, ou bien Umberto Rispoli.

Les jockeys transalpins s’étant installés en France, ils n’ont pas tardé à être suivis par des entraineurs, amenant avec eux leurs cavaliers et jockeys. Il n’est donc pas étonnant de trouver un personnel en majorité italien dans des écuries à Chantilly, comme chez Alessandro Botti par exemple. « Je suis venu en France parce qu’un entraineur italien allait à Marseille pour 3 ou 4 mois. Il m’a demandé si je voulais venir avec lui pour travailler. L’idée m’a plue et je suis parti au moment de la fermeture de l’hippodrome de Milan. Je n’ai pas choisi d’aller à Marseille. L’entraineur allait là-bas et je l’ai suivi. Pour aller à Chantilly, il faut de très bons chevaux, et nous ne les avions pas. » raconte Sergio Urru, 35 ans, jockey. Il n’a cependant pas fait le choix de rester en France. « Je suis retourné en Italie parce qu’en France, sans une grande écurie, il est impossible de rester. Avec le peu de chevaux italiens que nous avions à Marseille, c’était difficile de bien faire en course. Quand la saison a reprise en Italie, je suis reparti. Mais j’ai vraiment adoré la France et j’espère y retourner au plus vite. »

Il n’est donc pas rare d’entendre parler italien quand on se promène dans les rues cantiliennes, ou sur les pistes d’entrainement marseillaises. A Chantilly, il existe des résidences où la majeure partie des locataires sont des immigrés transalpins. Une petite communauté s’est donc créée et s’agrandit petit à petit puisque ce sont depuis peu les apprentis jockeys qui viennent en France pour obtenir leur licence de jockey professionnel. Beaucoup d’entre eux ne parlent cependant pas un mot de français, ce qui favorise une certaine exclusion et pose des problèmes lorsqu’il s’agit de trouver des montes dans des écuries françaises. Outre le nombre de migrants qui ne cesse d’augmenter, la crise que subit le monde hippique en Italie a aussi comme effet de favoriser les jeux et les courses illégaux et virtuel, grâce à Internet. Bien que certains paiements de la part de l’Unire arrivent aux professionnels partiellement et avec plusieurs mois, voire années de retard, il va falloir beaucoup de temps pour que les courses hippiques italiennes redeviennent ce qu’elles étaient il y a 20 ans.

Frank Panicucci

Interview de Frank Panicucci

Pourriez-vous vous présenter et nous expliquer votre parcours?
« Je m’appelle Frank Panicucci, je suis né à Nîmes, j’ai 28 ans. Mon parcours pour devenir jockey? Comme tous, ne pas trop aimer l’école et aimer les chevaux! On m’avait parlé de l’école des jockeys, j’ai fait des stages et ça m’a plu. Aujourd’hui j’en suis là! »

Comment vous est venue la passion des chevaux et des courses?
« Mes parents ne sont pas du tout du milieu. Je ne côtoyais pas le milieu des courses, je voyais de temps en temps le Quinté à la télévision, mais pas plus. A l’école des jockeys, ça m’a vraiment pris. Quand on fait ce métier là, qu’on entraîne des chevaux, on a forcément envie de monter en course! »

Il y a eu des modèles, des gens importants dans votre carrière?
« Oui, j’ai travaillé chez Monsieur Laffon-Parias qui m’a beaucoup aidé. Comme jockey, j’ai beaucoup appris de Miguel Blancpain, qui, quand j’avais ma décharge, m’a beaucoup appris et m’a formé pour monter en course et m’appliquer. Ce sont des personnes que je remercie. »

Il y a des chevaux qui vous ont marqué?
« Je n’ai jamais monté de très bons chevaux, des chevaux qui m’ont marqué. Mais tous les chevaux avec qui j’ai gagné ont été importants, ils m’ont amené à la victoire et m’ont aidé à me faire connaître. »

Vous avez un objectif à plus ou moins long terme?
« A long terme c’est de durer, gagner des courses tous les ans. Je ne me pose pas particulièrement d’objectif en début de saison. Ce que je veux surtout c’est faire une bonne année, avoir de bons clients et de leur être fidèle en gagnant des courses. »

Vous avez d’autres passions ou activités en dehors des courses?
« Oui, le foot. J’essaie d’y jouer souvent, j’y vais tous les mardis soirs. Avec le métier que je fais, ça n’est pas facile d’avoir d’autres activités à côté mais j’essaie d’en avoir une autre pour garder la forme et l’extraire un peu du milieu pour me vider la tête! »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Continuez à me faire confiance si vous êtes entraineurs, les parieurs aussi quand je leur dis si j’ai une chance ou non et d’être sympas avec moi! »

 

Merci Frank Panicucci !!

Jacques Ricou

Interview de Jacques Ricou

Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Jacques Ricou, j’ai 34 ans. Je monte à cheval depuis 20 ans et j’ai commencé à monter en courses à l’âge de 18 ans. J’ai maintenant plus de 1000 victoires. J’ai commencé comme apprenti chez Monsieur Macaire, j’y suis resté 14 ans, il m’a tout appris. J’ai également eu la chance de travailler pour Monsieur Chaillé-Chaillé. Aujourd’hui je suis free-lance, je monte pour les gens qui me font confiance et avec qui j’ai des affinités. »

Comment t’est venue la passion des chevaux?
« Elle m’est venue grâce à mon père. Etant originaire du Lion d’Angers, une région de chevaux et de courses, mon père m’emmenait souvent sur les hippodromes quand j’étais petit. Un jour je suis monté sur un poney, je me suis dit que je voulais passer ma vie là-haut! J’ai eu la chance d’être bien orienté et de tomber tout de suite sur les bonnes personnes, je n’ai pas perdu de temps et j’ai pu travailler rapidement avec de vrais professionnels et de bons chevaux. »

Tu es Président de l’Association de Jockeys, qu’est-ce que ça représente pour toi?
« C’est une fierté! Je représente tous mes collègues, c’est une grande responsabilité. Mon rôle est de faire en sorte que nous puissions garder tout ce que nous avons acquis et d’améliorer ce qui doit l’être. Je voudrais faire en sorte que nous soyons mieux représentés, mieux supportés, que notre statut de jockey change: que ça ne soit pas simplement un homme qu’on place sur un cheval qui fait sa course et qui disparaît. Nous sommes au bout de la chaîne, nous sommes importants! »

Quand tu as commencé à monter, tu pensais pouvoir être plusieurs fois cravache d’or?
« Non jamais! J’ai eu 5 Cravaches, mais j’ai travaillé pour. J’ai eu la chance, chez Monsieur Macaire, de pouvoir monter beaucoup de bons chevaux. Assez pour obtenir un nombre suffisant de gagnants et avoir une Cravache. Mais je n’ai jamais hypothéqué la carrière d’un cheval pour une victoire  . Le plus dur n’est pas de gagner des courses, mais de ne pas en perdre. A partir du moment où l’on me donnait l’effectif et les chevaux pour être Cravache d’Or, je me suis toujours dit que ce serait l’année où je perdrais le moins de courses que je pourrait être Cravache d’Or… J’en ai eu cinq! »

Tu as eu des modèles?
« Oui et non. Je me suis toujours un peu inspiré des autres comme Philippe Sourzac, Christophe Pieux, Philippe Chevalier. Je regardais leur monte, mais c’est surtout leur façon de se comporter à l’extérieur, ou avec les chevaux. »

Il y a eu des chevaux importants j’imagine…
« Oui!! Jaillir du Cocher, je l’ai connu j’avais 20 ans. C’est lui qui m’a vraiment mis le pied à l’étrier et c’est avec lui que j’ai vécu les plus beaux moments, notamment en Angleterre. Il m’a appris que malheureusement, quand on est jockey, rien n’est à nous. Il est dangereux de s’y attacher. Je garde toujours une petite marge de sécurité pour moi-même maintenant. Le jour où il est parti tragiquement à l’entraînement, j’ai failli tout arrêter. »

Tu as déjà pensé à une reconversion après ta carrière de jockey?
« Oui, j’y pense… C’est difficile, dans les chevaux ou pas? Je ne sais pas. Pour l’instant je suis encore dans le top 5, j’essaie de rester au niveau. Je ne sais pas si je pourrai continuer encore 10 ans. Tant que je peux monter de bons chevaux et que je me fais plaisir je continue. J’essaie de faire des années pleines et avant tout constructives. »

Tu as un objectif pour cette année?
« J’aimerais bien être sur le podium. Ce ne serait pas évident, mais je vais me battre. J’ai déjà gagné une belle course au printemps, j’espère en gagner d’autres à l’automne. Je voudrais m’illustrer dans les Groupes I, il n’y a plus que ça et les courses parisiennes qui me font le plus vibrer aujourd’hui. »

Tu as d’autres activités en dehors des courses?
« J’apprends à découvrir! Je fais beaucoup de bateau en ce moment, c’est assez agréable. J’aime bien le contact avec les gens, le service. Je me suis mis à la cuisine. Avant je courais un peu partout, je n’avais pas le temps. Maintenant j’essaie de découvrir ce qu’il se passe en dehors! Je fais beaucoup de sport aussi. Je suis quelqu’un d’actif. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je suis heureux qu’ils lisent toutes ces belles paroles. Restez passionnés et vivent les courses! »

 

Merci Jacques!!

Frank Panicucci

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