Dylan Ubeda

Interview de Dylan Ubeda

Pourriez-vous vous présenter et nous expliquer votre parcours?
« Je m’appelle Dylan Ubeda, j’ai 17 ans et je travaille chez Monsieur Rolland.J’ai tout de suite adhéré aux courses et à la vitesse. Je me suis renseigné et j’ai intégré l’AFASEC à 14 ans. Ils m’ont affecté chez Monsieur Rolland. Je suis toujours resté chez lui, il m’a fait débuter. J’ai commencé à beaucoup monter cette année. Je commence à monter un peu à l’extérieur. J’ai 3 victoires pour l’extérieur, le reste pour mon patron. Je suis à 62 montes en obstacle, 2 en plat pour 8 victoires et 22 places. C’est quand même un bon pourcentage, je n’ai pas à me plaindre! Les entraineurs me laissent la chance d’avoir de bons chevaux. »

Comment vous est venue la passion des chevaux?
« En regardant le télévision, je me suis dit que je voulais faire du cheval. J’ai commencé à monter à l’âge de 7 ans. J’adorais la vitesse, je me suis donc orienté vers les courses. »

Si vous n’aviez pas été jockey, qu’auriez-vous fait?
« Je ne sais pas… A 14 ans, on n’a pas beaucoup de choix. Je voulais être pilote d’avions de chasse, mais quand j’ai vu le niveau d’études demandé et mon niveau, j’ai préféré m’orienter vers les courses hippiques. »

Les courses d’obstacles sont réputées pour être dangereuses, la présence du danger n’est pas trop dure à supporter pour vous mais aussi votre entourage?
« Pour moi non. Je n’ai jamais connu l’arrêt, je n’ai pas eu de fracture. Je suis tombé 6 fois et me suis toujours relevé, sans avoir trop mal. Ma famille qui n’est pas du milieu des courses angoisse toujours un peu, c’est normal. »

Vous avez eu des modèles en tant que jockey?
« J’ai tout de suite aimé Jonathan Plouganou. Il est assez grand, comme moi. Je n’ai pas de problème de poids, lui oui… Mais j’adore comme il se porte sur l’obstacle, c’est un crack. Il a eu la cravache d’or l’année dernière, c’est vraiment une idole, je ne vois que par lui! J’ai la chance parler avec lui, il me donne beaucoup de conseils. J’écoute vraiment tout ce qu’il me dit. Dans mon écurie, beaucoup de jockeys sont passés monter le matin pour Monsieur Rolland. Ils m’ont tous beaucoup aidé. »

Il y a eu des chevaux qui ont compté?
« Bien sûr! Albares, ma première victoire au bout de ma quatrième monte. C’était en obstacle, je ne peux pas l’oublier. Je l’ai monté 6 fois et j’ai gagné 3 fois avec lui, 2 fois quatrième et une fois troisième. »

Vous avez des objectifs sur un terme plus ou moins long?
« Mon but c’est d’être un crack jockey, un peu comme Jonathan. Je voudrais être cravache d’or, être vraiment le jockey dont tout le monde rêve. Mais cette année, j’aimerais bien avoir 100 montes. Je ne parle pas de victoires, parce qu’on ne peut pas savoir comment sera le futur. Mais 100 montes ce serait bien! »

Vous avez des activités en dehors des courses?
« Je fais du sport: de la natation, de la course à pied. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Le monde des courses est un milieu difficile, mais quand on veut, on peut. Je remercie mon entourage, à l’écurie comme à l’extérieur ainsi que Monsieur Rolland. Je remercie aussi Alexis Acker, qui a tout le temps été là pour moi, il m’a tout appris et m’apprend encore beaucoup aujourd’hui, ainsi que Monsieur Seror qui me fait beaucoup monter. »

GeffriaudSophie

Interview de Sophie Geffriaud

Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Sophie Geffriaud, je vais avoir 22 ans le 30 mars prochain. La passion du cheval m’a été transmise par ma maman, qui est monitrice d’équitation. De fil en aiguille, elle m’a présenté ses connaissances dans le milieu des chevaux: Yves Lalleman, un très grand homme qui n’est malheureusement plus de ce monde, mais à qui je pense fortement chaque fois que je mets les couleurs. Je suis venue à monter en courses par le passion de l’adrénaline et de la compétition. J’ai commencé chez Michel Houdoin en amateur. Au bout de deux ans, j’ai été travaillé chez Thierry Poché qui m’a formée et m’a énormément appris sur l’obstacle. Par la suite il m’a dit que je devais voler de mes propres ailes, prouver de quoi j’étais capable en passant professionnelle. »

L’obstacle est une discipline dangereuse, ça ne te fait pas peur?
« C’est dangereux le matin quand on saute, ça l’est aussi l’après-midi quand il y a le peloton. Mais c’est ce qu’on aime! C’est l’adrénaline! Ça fait partie des risques du métier. Quand on passe le poteau, quel que soit le classement, c’est une satisfaction de pouvoir se dire qu’on y est arriver. Qu’en étant une femme on peut aussi y arriver. On n’a peut-être pas la même niaque qu’un homme, mais on a envie de montrer qu’on peut y arriver et que ça n’est pas un métier que d’hommes. »

A ce propos, ça n’a pas été trop difficile de te faire une place dans ce milieu très masculin?
« Si, ça a été dur. Mais j’ai eu la chance d’être très bien entourée, que ce soit au niveau de mes collègues, des jockeys, de mes parents, de mes amis,… Ils m’ont tous toujours donner envie d’y arriver et de viser toujours plus haut, même dans les moments les plus difficiles où je ne croyais plus en moi. Si aujourd’hui je monte en course, c’est parce que j’ai eu du monde derrière moi qui me disait: Sophie tu ne dois rien lâcher, tu dois croire en toi, tu n’es pas toute seule. » »

Tu as eu des modèles en tant que jockey?
« Forcément, l’équivalent de Christophe Pieux chez les femmes: Nathalie Desoutter. En plat aussi, comme cavalière il y avait Anne-Sophie Pacault qui était un modèle par sa façon de monter et sa mentalité. Sinon dans les hommes, je les regarde tous monter. Ce sont les premiers à donner des conseils, et je suis toujours preneuse de conseils, j’ai soif d’apprendre. »

Il y a eu des chevaux importants j’imagine…
« Oui il y en a eu… Le cheval de mon papa, Opa du Hardrais. On en a été éleveurs, propriétaires, mon père a un permis d’entraîner… C’est une histoire de famille! J’ai eu l’occasion de gagner avec à La Roche sur Yon. Il y aura de plus belles victoires, il y en a eu comme Enghien la semaine dernière, mais c’est une victoire qui me tient à coeur et c’est ma plus belle victoire de coeur! »

Tu as des objectifs pour cette année ou sur un terme plus long?
« Des objectifs non. J’ai des ambitions. Je repars sur une nouvelle année, et si j’en suis là aujourd’hui c’est en grande partie grâce à madame Pacault. Elle m’a redonné l’envie de monter en courses et m’a redonné confiance en moi. Ce n’est pas que madame Pacault d’ailleurs, c’est toute son équipe. Ils travaillent dans l’ombre, mais tous les matins, ils se lèvent, nous donnent le sourire et donnent aux chevaux la gaieté de travailler. C’était une écurie où il fallait que j’aille et où madame Pacault m’a dit « Tu avances, mais surtout tu ne recules pas! Tu te bouges, tu y crois et tu ne restes pas là à rien faire! » »

Tu as d’autres activités en dehors des courses?
« Oui, j’avais un cheval de CSO l’année dernière. Pendant le meeting il était parti au repos, mais je pense que je vais m’y remettre en fonction du planning, des courses. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je remercie tous ceux qui ont contribué à la réussite des chevaux que j’ai pu monté quelle que soit l’arrivée, gagnants ou non. Les personnes qui travaillent le matin font le même travail que nous si ce n’est plus. Ils sont sur là route, ils sont là les matins, le dimanche… Ils sont là pour nous, parce que nous en tant que jockeys on ne serait rien sans eux. Il faudrait les tirer de l’ombre et aller les voir plus souvent, on ne les met pas assez en valeur. Nous sommes une équipe soudée et partout où je suis allée j’ai été très bien accueillie. J’ai toujours été accompagnée dans les moments les plus difficiles. Un grand merci aussi à mes amis et à ma famille qui ont toujours été présents. »

 

Merci Sophie!!

Jean Bernard Eyquem

Interview de Jean-Bernard Eyquem

Pourrais-tu te présenter et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Jean-Bernard Eyquem, je suis né le 27 décembre 1975 à Arcachon, dans le Sud-Ouest. Je suis rentré en apprentissage à 14 ans chez Patrick Biancone. Je n’y suis resté qu’un an puisqu’il s’est expatrié à Hong Kong. J’ai donc ensuite suite tout le staff chez Nicolas Clément. J’y suis resté trois et l’opportunité s’est présentée pour redescendre dans le Sud-Ouest et n’aimant pas trop Paris j’ai sauté sur l’occasion! »

 Comment t’est venue la passion des chevaux?
« J’étais un enfant un peu turbulent. Mes parents m’ont mis dans un centre aéré avec plein d’activités dont le poney! Et du moment où j’ai connu les poneys, j’en suis tombé amoureux! Une fois il y avait des tours de poney à l’hippodrome de La Teste, et j’ai su que je voulais être jockey. »

Il y a eu des gens importants, des modèles?
« Olivier Peslier. C’est mon meilleur ami, on se côtoie depuis que j’ai 14 ans. Il m’a toujours forcé à aller de l’avant et donne de très bons conseils. »

Il y a eu des chevaux qui ont comptés j’imagine…
« J’ai une pouliche de coeur qui s’appelle Tie Black, avec qui j’ai gagné la Poule d’Essai des Pouliches. Il y en a eu d’autres, Young Tiger avec qui j’ai gagné pas mal de Listeds et chez Jean-Claude Rouget, Silas Marner et une pouliche de 2 ans qui s’appelle Harpy et qui est très bonne. »

Tu as un objectif pour cette année et sur un terme plus long?
« Je n’ai pas vraiment d’objectif. Je veux juste faire plaisir aux gens avec qui je travaille. Je n’ai pas un nombre de victoires précis, de belles courses à gagner. Bien sûr je veux en gagner, comme tout le monde. Mais je préfère laisser faire le temps plutôt que de me fixer des objectifs. »

Tu as déjà pensé à une reconversion après ta carrière de jockey?
« Non, pas du tout. A l’heure actuelle je ne me vois pas arrêter. Dans ma tête j’ai 20 ans, mon corps en a 25 disons! J’aime les chevaux, j’aime ce que je fais, l’ambiance de l’écurie où je travaille. S’il devait y avoir une reconversion, là maintenant, je ne saurais pas. J’adore cuisiner, mais en faire mon métier risque d’être compliqué. J’aime bien le golf, mais je ne pense pas être assez bon pour être professionnel. Je vais rester dans les chevaux encore un moment! Il y a un assistant entraîneur chez nous qui s’appelle Simone Brogi qui va s’installer. Pourquoi pas lui donner un petit coup de main, c’est quelqu’un de très doué et c’est surtout un ami! »

Tu as d’autres activités en dehors du golf et de la cuisine?
« Pas vraiment. J’ai découvert le golf il y a un an et j’y vais dès que je peux. Ça me fait du bien, ça me libère la tête. Sinon il m’arrive de prendre ma voiture et partir à Biarritz, visiter le Pays Basque. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je leur conseille de suivre Harpy, qui je pense fera partie des meilleures chez nous! »

 

Merci Jean-Bernard!!

 

Jacques Ricou

Interview de Jacques Ricou

Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Jacques Ricou, j’ai 34 ans. Je monte à cheval depuis 20 ans et j’ai commencé à monter en courses à l’âge de 18 ans. J’ai maintenant plus de 1000 victoires. J’ai commencé comme apprenti chez Monsieur Macaire, j’y suis resté 14 ans, il m’a tout appris. J’ai également eu la chance de travailler pour Monsieur Chaillé-Chaillé. Aujourd’hui je suis free-lance, je monte pour les gens qui me font confiance et avec qui j’ai des affinités. »

Comment t’est venue la passion des chevaux?
« Elle m’est venue grâce à mon père. Etant originaire du Lion d’Angers, une région de chevaux et de courses, mon père m’emmenait souvent sur les hippodromes quand j’étais petit. Un jour je suis monté sur un poney, je me suis dit que je voulais passer ma vie là-haut! J’ai eu la chance d’être bien orienté et de tomber tout de suite sur les bonnes personnes, je n’ai pas perdu de temps et j’ai pu travailler rapidement avec de vrais professionnels et de bons chevaux. »

Tu es Président de l’Association de Jockeys, qu’est-ce que ça représente pour toi?
« C’est une fierté! Je représente tous mes collègues, c’est une grande responsabilité. Mon rôle est de faire en sorte que nous puissions garder tout ce que nous avons acquis et d’améliorer ce qui doit l’être. Je voudrais faire en sorte que nous soyons mieux représentés, mieux supportés, que notre statut de jockey change: que ça ne soit pas simplement un homme qu’on place sur un cheval qui fait sa course et qui disparaît. Nous sommes au bout de la chaîne, nous sommes importants! »

Quand tu as commencé à monter, tu pensais pouvoir être plusieurs fois cravache d’or?
« Non jamais! J’ai eu 5 Cravaches, mais j’ai travaillé pour. J’ai eu la chance, chez Monsieur Macaire, de pouvoir monter beaucoup de bons chevaux. Assez pour obtenir un nombre suffisant de gagnants et avoir une Cravache. Mais je n’ai jamais hypothéqué la carrière d’un cheval pour une victoire  . Le plus dur n’est pas de gagner des courses, mais de ne pas en perdre. A partir du moment où l’on me donnait l’effectif et les chevaux pour être Cravache d’Or, je me suis toujours dit que ce serait l’année où je perdrais le moins de courses que je pourrait être Cravache d’Or… J’en ai eu cinq! »

Tu as eu des modèles?
« Oui et non. Je me suis toujours un peu inspiré des autres comme Philippe Sourzac, Christophe Pieux, Philippe Chevalier. Je regardais leur monte, mais c’est surtout leur façon de se comporter à l’extérieur, ou avec les chevaux. »

Il y a eu des chevaux importants j’imagine…
« Oui!! Jaillir du Cocher, je l’ai connu j’avais 20 ans. C’est lui qui m’a vraiment mis le pied à l’étrier et c’est avec lui que j’ai vécu les plus beaux moments, notamment en Angleterre. Il m’a appris que malheureusement, quand on est jockey, rien n’est à nous. Il est dangereux de s’y attacher. Je garde toujours une petite marge de sécurité pour moi-même maintenant. Le jour où il est parti tragiquement à l’entraînement, j’ai failli tout arrêter. »

Tu as déjà pensé à une reconversion après ta carrière de jockey?
« Oui, j’y pense… C’est difficile, dans les chevaux ou pas? Je ne sais pas. Pour l’instant je suis encore dans le top 5, j’essaie de rester au niveau. Je ne sais pas si je pourrai continuer encore 10 ans. Tant que je peux monter de bons chevaux et que je me fais plaisir je continue. J’essaie de faire des années pleines et avant tout constructives. »

Tu as un objectif pour cette année?
« J’aimerais bien être sur le podium. Ce ne serait pas évident, mais je vais me battre. J’ai déjà gagné une belle course au printemps, j’espère en gagner d’autres à l’automne. Je voudrais m’illustrer dans les Groupes I, il n’y a plus que ça et les courses parisiennes qui me font le plus vibrer aujourd’hui. »

Tu as d’autres activités en dehors des courses?
« J’apprends à découvrir! Je fais beaucoup de bateau en ce moment, c’est assez agréable. J’aime bien le contact avec les gens, le service. Je me suis mis à la cuisine. Avant je courais un peu partout, je n’avais pas le temps. Maintenant j’essaie de découvrir ce qu’il se passe en dehors! Je fais beaucoup de sport aussi. Je suis quelqu’un d’actif. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je suis heureux qu’ils lisent toutes ces belles paroles. Restez passionnés et vivent les courses! »

 

Merci Jacques!!

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