Jacques Ricou

Interview de Jacques Ricou

Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Jacques Ricou, j’ai 34 ans. Je monte à cheval depuis 20 ans et j’ai commencé à monter en courses à l’âge de 18 ans. J’ai maintenant plus de 1000 victoires. J’ai commencé comme apprenti chez Monsieur Macaire, j’y suis resté 14 ans, il m’a tout appris. J’ai également eu la chance de travailler pour Monsieur Chaillé-Chaillé. Aujourd’hui je suis free-lance, je monte pour les gens qui me font confiance et avec qui j’ai des affinités. »

Comment t’est venue la passion des chevaux?
« Elle m’est venue grâce à mon père. Etant originaire du Lion d’Angers, une région de chevaux et de courses, mon père m’emmenait souvent sur les hippodromes quand j’étais petit. Un jour je suis monté sur un poney, je me suis dit que je voulais passer ma vie là-haut! J’ai eu la chance d’être bien orienté et de tomber tout de suite sur les bonnes personnes, je n’ai pas perdu de temps et j’ai pu travailler rapidement avec de vrais professionnels et de bons chevaux. »

Tu es Président de l’Association de Jockeys, qu’est-ce que ça représente pour toi?
« C’est une fierté! Je représente tous mes collègues, c’est une grande responsabilité. Mon rôle est de faire en sorte que nous puissions garder tout ce que nous avons acquis et d’améliorer ce qui doit l’être. Je voudrais faire en sorte que nous soyons mieux représentés, mieux supportés, que notre statut de jockey change: que ça ne soit pas simplement un homme qu’on place sur un cheval qui fait sa course et qui disparaît. Nous sommes au bout de la chaîne, nous sommes importants! »

Quand tu as commencé à monter, tu pensais pouvoir être plusieurs fois cravache d’or?
« Non jamais! J’ai eu 5 Cravaches, mais j’ai travaillé pour. J’ai eu la chance, chez Monsieur Macaire, de pouvoir monter beaucoup de bons chevaux. Assez pour obtenir un nombre suffisant de gagnants et avoir une Cravache. Mais je n’ai jamais hypothéqué la carrière d’un cheval pour une victoire  . Le plus dur n’est pas de gagner des courses, mais de ne pas en perdre. A partir du moment où l’on me donnait l’effectif et les chevaux pour être Cravache d’Or, je me suis toujours dit que ce serait l’année où je perdrais le moins de courses que je pourrait être Cravache d’Or… J’en ai eu cinq! »

Tu as eu des modèles?
« Oui et non. Je me suis toujours un peu inspiré des autres comme Philippe Sourzac, Christophe Pieux, Philippe Chevalier. Je regardais leur monte, mais c’est surtout leur façon de se comporter à l’extérieur, ou avec les chevaux. »

Il y a eu des chevaux importants j’imagine…
« Oui!! Jaillir du Cocher, je l’ai connu j’avais 20 ans. C’est lui qui m’a vraiment mis le pied à l’étrier et c’est avec lui que j’ai vécu les plus beaux moments, notamment en Angleterre. Il m’a appris que malheureusement, quand on est jockey, rien n’est à nous. Il est dangereux de s’y attacher. Je garde toujours une petite marge de sécurité pour moi-même maintenant. Le jour où il est parti tragiquement à l’entraînement, j’ai failli tout arrêter. »

Tu as déjà pensé à une reconversion après ta carrière de jockey?
« Oui, j’y pense… C’est difficile, dans les chevaux ou pas? Je ne sais pas. Pour l’instant je suis encore dans le top 5, j’essaie de rester au niveau. Je ne sais pas si je pourrai continuer encore 10 ans. Tant que je peux monter de bons chevaux et que je me fais plaisir je continue. J’essaie de faire des années pleines et avant tout constructives. »

Tu as un objectif pour cette année?
« J’aimerais bien être sur le podium. Ce ne serait pas évident, mais je vais me battre. J’ai déjà gagné une belle course au printemps, j’espère en gagner d’autres à l’automne. Je voudrais m’illustrer dans les Groupes I, il n’y a plus que ça et les courses parisiennes qui me font le plus vibrer aujourd’hui. »

Tu as d’autres activités en dehors des courses?
« J’apprends à découvrir! Je fais beaucoup de bateau en ce moment, c’est assez agréable. J’aime bien le contact avec les gens, le service. Je me suis mis à la cuisine. Avant je courais un peu partout, je n’avais pas le temps. Maintenant j’essaie de découvrir ce qu’il se passe en dehors! Je fais beaucoup de sport aussi. Je suis quelqu’un d’actif. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je suis heureux qu’ils lisent toutes ces belles paroles. Restez passionnés et vivent les courses! »

 

Merci Jacques!!