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Interview de Sophie Geffriaud

Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer ton parcours?
« Je m’appelle Sophie Geffriaud, je vais avoir 22 ans le 30 mars prochain. La passion du cheval m’a été transmise par ma maman, qui est monitrice d’équitation. De fil en aiguille, elle m’a présenté ses connaissances dans le milieu des chevaux: Yves Lalleman, un très grand homme qui n’est malheureusement plus de ce monde, mais à qui je pense fortement chaque fois que je mets les couleurs. Je suis venue à monter en courses par le passion de l’adrénaline et de la compétition. J’ai commencé chez Michel Houdoin en amateur. Au bout de deux ans, j’ai été travaillé chez Thierry Poché qui m’a formée et m’a énormément appris sur l’obstacle. Par la suite il m’a dit que je devais voler de mes propres ailes, prouver de quoi j’étais capable en passant professionnelle. »

L’obstacle est une discipline dangereuse, ça ne te fait pas peur?
« C’est dangereux le matin quand on saute, ça l’est aussi l’après-midi quand il y a le peloton. Mais c’est ce qu’on aime! C’est l’adrénaline! Ça fait partie des risques du métier. Quand on passe le poteau, quel que soit le classement, c’est une satisfaction de pouvoir se dire qu’on y est arriver. Qu’en étant une femme on peut aussi y arriver. On n’a peut-être pas la même niaque qu’un homme, mais on a envie de montrer qu’on peut y arriver et que ça n’est pas un métier que d’hommes. »

A ce propos, ça n’a pas été trop difficile de te faire une place dans ce milieu très masculin?
« Si, ça a été dur. Mais j’ai eu la chance d’être très bien entourée, que ce soit au niveau de mes collègues, des jockeys, de mes parents, de mes amis,… Ils m’ont tous toujours donner envie d’y arriver et de viser toujours plus haut, même dans les moments les plus difficiles où je ne croyais plus en moi. Si aujourd’hui je monte en course, c’est parce que j’ai eu du monde derrière moi qui me disait: Sophie tu ne dois rien lâcher, tu dois croire en toi, tu n’es pas toute seule. » »

Tu as eu des modèles en tant que jockey?
« Forcément, l’équivalent de Christophe Pieux chez les femmes: Nathalie Desoutter. En plat aussi, comme cavalière il y avait Anne-Sophie Pacault qui était un modèle par sa façon de monter et sa mentalité. Sinon dans les hommes, je les regarde tous monter. Ce sont les premiers à donner des conseils, et je suis toujours preneuse de conseils, j’ai soif d’apprendre. »

Il y a eu des chevaux importants j’imagine…
« Oui il y en a eu… Le cheval de mon papa, Opa du Hardrais. On en a été éleveurs, propriétaires, mon père a un permis d’entraîner… C’est une histoire de famille! J’ai eu l’occasion de gagner avec à La Roche sur Yon. Il y aura de plus belles victoires, il y en a eu comme Enghien la semaine dernière, mais c’est une victoire qui me tient à coeur et c’est ma plus belle victoire de coeur! »

Tu as des objectifs pour cette année ou sur un terme plus long?
« Des objectifs non. J’ai des ambitions. Je repars sur une nouvelle année, et si j’en suis là aujourd’hui c’est en grande partie grâce à madame Pacault. Elle m’a redonné l’envie de monter en courses et m’a redonné confiance en moi. Ce n’est pas que madame Pacault d’ailleurs, c’est toute son équipe. Ils travaillent dans l’ombre, mais tous les matins, ils se lèvent, nous donnent le sourire et donnent aux chevaux la gaieté de travailler. C’était une écurie où il fallait que j’aille et où madame Pacault m’a dit « Tu avances, mais surtout tu ne recules pas! Tu te bouges, tu y crois et tu ne restes pas là à rien faire! » »

Tu as d’autres activités en dehors des courses?
« Oui, j’avais un cheval de CSO l’année dernière. Pendant le meeting il était parti au repos, mais je pense que je vais m’y remettre en fonction du planning, des courses. »

Un dernier mot pour les lecteurs?
« Je remercie tous ceux qui ont contribué à la réussite des chevaux que j’ai pu monté quelle que soit l’arrivée, gagnants ou non. Les personnes qui travaillent le matin font le même travail que nous si ce n’est plus. Ils sont sur là route, ils sont là les matins, le dimanche… Ils sont là pour nous, parce que nous en tant que jockeys on ne serait rien sans eux. Il faudrait les tirer de l’ombre et aller les voir plus souvent, on ne les met pas assez en valeur. Nous sommes une équipe soudée et partout où je suis allée j’ai été très bien accueillie. J’ai toujours été accompagnée dans les moments les plus difficiles. Un grand merci aussi à mes amis et à ma famille qui ont toujours été présents. »

 

Merci Sophie!!

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